News #35-Énergie : trois batailles à gagner

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Pour une politique énergétique fondée sur les faits, efficace et démocratique

17 oct. 2026

Trois batailles essentielles. Trois questions simples, auxquelles les pouvoirs publics n’apportent toujours pas de réponse claire : combien cela coûte-t-il vraiment ? Qu’est-ce que cela apporte réellement au climat ? Et qui décide ?

Première bataille : la vérité des coûts

C’est sans doute la mère de toutes les batailles. Il ne s’agit pas de défendre ou de combattre telle ou telle énergie, mais de savoir ce que chaque choix énergétique coûte réellement à la collectivité.

Car le coût de production d’un kilowattheure ne dit pas tout. Il faut y ajouter les coûts que chaque filière fait peser sur le système électrique : renforcement des réseaux, stockage, modulation, moyens de production complémentaires. Il faut y ajouter le soutien public garanti aux producteurs, financé par le contribuable. Il faut enfin compter les coûts supportés par les territoires : atteintes à l’environnement et aux paysages, effets sur le tourisme et sur la valeur des biens, temps et moyens mobilisés dans les communes et les administrations locales.

Dans une France confrontée à des contraintes budgétaires considérables, nous n’avons plus le luxe de choisir nos moyens de production sur la base de coûts partiels, d’affirmations approximatives ou de préférences idéologiques.

Deuxième bataille : la vérité climatique

Nous développons des moyens de production électrique au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Mais quelle est leur contribution réelle à la réduction des émissions de CO₂ ?

La question n’est pas seulement de connaître les émissions de chaque technologie sur l’ensemble de son cycle de vie. Elle est aussi, et surtout, de mesurer les émissions qu’elle permet effectivement d’éviter dans le système électrique.

Il faut donc dépasser les modèles théoriques et les promesses, et confronter les prévisions aux résultats réellement observés, dans la durée.

Une politique climatique ne doit pas être jugée sur ses intentions, mais sur ses résultats.

Troisième bataille : la démocratie locale

Qui doit décider de l’avenir énergétique de nos territoires ? L’État, seul, au nom d’objectifs nationaux ? Les industriels, au nom de leurs projets ? Ou les habitants concernés, avec leurs élus, à commencer par leurs maires ?

La politique énergétique est une responsabilité nationale. Mais elle ne peut s’imposer durablement contre les territoires et leurs habitants.

Consulter n’est pas décider. Informer n’est pas associer. Et organiser une enquête publique ne suffit pas à faire vivre la démocratie.

Les habitants doivent pouvoir participer pleinement aux choix qui engagent leur cadre de vie, leur environnement et leur avenir. Cela suppose de leur reconnaître, ainsi qu’à leurs élus, un véritable pouvoir de décision : le droit de dire oui, et le droit de dire non.

Trois batailles, trois exigences

  • La vérité des coûts, pour choisir les solutions économiquement les plus efficaces.
  • La vérité climatique, pour investir dans les solutions qui réduisent réellement les émissions de CO₂.
  • La démocratie locale, pour rendre aux habitants et à leurs élus le pouvoir de décider de l’avenir de leurs territoires.

Au fond, ces trois batailles n’en font qu’une : celle d’une politique énergétique fondée sur les faits, efficace et démocratique.