Plus de 5 000 observations émises lors de l’enquête publique qui a pris fin le 28 sept., un taux de plus de 90% d’avis défavorables : c’est un succès encourageant pour tous les opposants à ce projet néfaste.
Reste à connaître l’avis de la Commission d’enquête dont Michelle Tanguy est la présidente. On peut parier que la présidente donnera un avis favorable avec quelques réserves plutôt qu’un avis défavorable malgré la force de la contestation locale. Elle a jusqu’à la fin octobre 2026 pour trancher. La lutte continue.
Sur quoi porte l’enquête ?
En théorie sur le raccordement, en pratique sur l’ensemble du projet qui comprend trois composantes, portées par des maîtres d’ouvrages distincts :
- un premier parc éolien en mer d’une puissance de l’ordre de 250 MW, dont le maître d’ouvrage est la
société Pennavel. L’appel d’offre AO5 est terminé ; - un second parc éolien en mer d’une puissance de l’ordre de 500 MW, à côté du premier. Fait partie de l’appel d’offre AO10 en cours ;
- le raccordement électrique mutualisé de ces deux parcs pour lequel RTE est le maître d’ouvrage.
Un potentiel de 40 éoliennes de 340 m de haut !
Lien vers la présentation non technique du projet
Une opposition massive
☑️4 558 contributions en lignes dont 91% des contributeurs sont opposés au projet
☑️1 000 contributions papier dans les mairies (nombre à vérifier)
👉Vent des maires tient à disposition les contributions numériques et le dossier d’enquête
Une opposition incontestable, en premier des iliens et des habitants du littoral
Si l’opposition est un peu plus forte chez les riverains qu’ailleurs, mais l’écart reste faible : entre 92 et 97% des positions, 90,1% hors périmètre, en nombre d’opposants par habitants l’opposition est très élevée chez les iliens.
Fait notable, les observations sont pour une très grande part des observations originales, avec peu de « copier/coller » détectés. Côté opposants, seulement 100 contributions reprennent mot pour mot un texte déjà déposé, soit 2,2 % de l’ensemble. Côté soutiens, le seul modèle notable (« La planète et plus particulièrement la France sont confrontées… ») a été déposé 7 fois, pour l’essentiel depuis Vannes le 30 août. Mais les 150 derniers soutiens se ressemblent et font penser à un appel à contribuer relayé par le lobby éolien. Ils sont à 85% issus de grandes villes hors des territoires.
Parfois invoqué par les commissions d’enquête, l’argument d’une opposition « importée » ne trouve pas d’appui dans les chiffres. L’argument d’un soutien « importé » est à vérifier.
Les deux camps ne parlent pas de la même chose.
Les opposants parlent de paysage, de milieu marin et de coût ; les soutiens, de climat et de système électrique — souveraineté, électrification, dépendance aux fossiles.
Des écarts locaux sont importants : la pêche est près de trois fois plus présente dans les îles que hors périmètre, et la procédure deux fois plus présente à Belle-Île que hors périmètre.
Éolien en mer en Bretagne Sud : l’opposition des collectivités et des organisations
12 communes ont émis un avis défavorable, 2 un avis favorable.
Sont également défavorables la communauté de communes de Belle-Île-en-Mer à l’unanimité, Auray Quiberon Terre Atlantique, le PETR du Pays d’Auray, le Syndicat mixte des Dunes Sauvages et le Conseil départemental du Morbihan. Pendant l’enquête, sept autres conseils municipaux ont délibéré contre le projet : Carnac, Sauzon, Pluneret, Locmariaquer, Crac’h, Auray et Pluvigner, commune d’accueil du poste électrique. Quatre n’avaient été ni consultées ni comprises dans le périmètre de l’enquête.
La CNPN, OFB, l’Autorité Environnementale, la Commission locale de l’eau (CLE/SAGE), l’IFREMER, le Syndicat mixte Dunes Sauvages de Gâvres à Quiberon ont donné des avis défavorables ou ont émis de profondes réserves
Les organisations environnementales indépendantes ont massivement émis un avis défavorable (FNE Bretagne etc.)
🐧Notons, sauf erreur, que la LPO n’a pas émis d’observation.


